Actualités

2 juin 2020
Les jeunes marchands face à la crise

LES JEUNES MARCHANDS FACE À LA CRISE

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6 avril 2020

L’Ecorce de Pierre-Luc BARTOLI à la Galerie Cyril Guernieri – 4 juin au 25 juillet 2020

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5 avril 2020

Communiqué d’annulation du Salon Livres Rares et Objets d’Art au Salon du Livre Rare à Paris 24-26 Avril 2020

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6 avril 2020

Pierre Vanier « Voisin la Différence » – Salon Livres Rares et Objets d’Art au Salon du Livre Rare à Paris 24-26 Avril 2020

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27 janvier 2020

Acquisition du Musée d’Orsay – Vase Canthare

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16 janvier 2020

Livres Rares et Objets d’Art au Salon du Livre Rare à Paris 24-26 Avril 2020

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16 janvier 2020

The Packengers … Pick … Pack … Track … ESI Group Transports spécialisés

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29 octobre 2019

Victor Horta & the Frison House in Brussels – Nupur Tron – 21/11/2019

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21 octobre 2019

Apothéose du Génie – jusqu’au 23/11/2019 Galerie Neuse à la Galerie Aveline — Place Beauvau-Paris

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8 octobre 2019

BIJOUX DE COLLECTION – 20 novembre 2019 au 31 janvier 2020 La Galerie Parisienne

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29 juillet 2019

Fondation de COUBERTIN – Expositions d’été

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4 juillet 2019

CARTIER Objets d’exception – Olivier Bachet | Alain Cartier – Palais Royal

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6 juillet 2019

Apothéose du Génie – Exposition Universelle du 11/09 au 19/10 2019

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27 juin 2019

CARTIER Objets d’exception – Lundi 1er juillet 2019 – Artcurial

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20 juin 2019

Un chef d’oeuvre disparu d’Eugène DELACROIX retrouvé

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1 mars 2019

Bijoux SIGNES DES TEMPS Galerie Reine Margot

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18 septembre 2018

LES JEUNES MARCHANDS CHEZ SOTHEBY’S 17 au 20 Décembre 2018

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25 août 2018

Parcours des Mondes

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19 juin 2018

MP 2018 Quel Amour!

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16 juin 2018

De Bayser, Turquin, Lacroix Garden Party

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L’ÉCORCE
Pierre-Luc BARTOLI

Galrie Cyril Guernieri

4 juin au 25 juillet 2020

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La Galerie Cyril Guernieri accueillera l’exposition « L’écorce » de Pierre-Luc Bartoli du 4 juin au 25 juillet 2020 présentant 20 tableaux inédits. Pierre-Luc Bartoli voit déjà son travail salué par le musée du Pavillon de Vendôme d’Aix-en-Provence, cité où il est né en 1973. Marella Rossi porte un regard particulièrement attentif sur le goût de Cyril Guernieri, jeune marchand qui a ouvert sa galerie à Saint-Germain-des-Prés il y a tout juste deux ans.

LES BRASIERS DU RÉEL

Il y a dans la peinture de Pierre-Luc Bartoli un geste qui excède le geste, un effacement profus des traces humaines pour en révéler l’arrière-fond sauvage, un monde où des vivants sont passés et pourraient ne plus revenir. Troncs noueux, feuilles jaune-vert comme des clarines polychromes, oblicité des branchages, fond azur telle une clémence du ciel. J’y devine la possibilité d’inscrire des Géorgiques, des épopées virgiliennes dans le relief et sur les plages d’une Méditerranée rêvée. Nature et culture ? Il y a le bois travaillé des enclos, la liure des barrières, et le bois jaillissant des grands arbres : des paysages incorporant et brouillant à la fois l’intention qui a voulu les domestiquer. Le peintre serait-il marabouté par des ramures, messager coloriste d’un réel en feu ?

Bogues comme des cristallisations coralliennes, châtaignes-poulpes tels des octopus explosés, l’identité marine de la terre sourd de scènes chtoniennes autant que d’hypothèses célestes. Rouges cardinalices, entre la pourpre et l’incendie. Eclatements stellaires où les voûtes de branches font constellation. Palmiers turriculés et firmaments ocrés. Un brouillage par le treillage, promenades visuelles où l’oeil incline à rêver que le corps puisse s’y engager. On songe aux palmes de Paul Valéry, aux zébrures cryptées d’Henri Michaux. Mais comparaison n’est qu’approximation.

Car un secret est ici à l’oeuvre, qui n’appartient qu’à une obstination. Chaque lieu est comme déporté, redistribué vers des horizons qui déconcertent sa propre certitude. Pilotis, charpentes sur l’eau, paillotes. Littoral africain, îles, Louisiane, bayous, touffeurs tropicales, façon de situer la Corse à Nouméa ? Mais non, c’est un village khmer. Comme si le grand Pan revenait sur une planète aux moirures de nymphéas, dont le centre ne serait nulle part et le coeur dans la trame même de la toile. Car c’est cela qui fascine ici, une somptueuse certitude de l’organique, des forêts ronflant du feu qui pourrait les dévaster, Il y a des retombées florales en cascades de pétales, un ébranlement sismique, comme si la Terre attendait le retour des géants. Ce que Pierre-Luc Bartoli semble rechercher, c’est la dynamique intrinsèque de la forme, son noyau enfoui, son être-là incandescent. Peintre du Sud sans doute, l’orangé du soleil nappe les nuages, chaque rameau exhale un hymne ligneux : un forage introspectif dans la convulsion des apparences.

On cherche le coeur souterrain, le souffle qui impulse ces efflorescences. Baraques bleutées, radicelles en lévitation, grèves de sables infinis. On tient à portée de regard le vibré du réel en à-plats à l’huile, les stries surtout, un brasier strié qui fait songer au clinamen de Lucrèce, cette pluie inclinée d’atomes, un réel aggloméré en lignes sécables, en textures vrillées. Ce n’est pas la toile qui porte une représentation, c’est plutôt d’elle que semble émaner, s’exprimer comme le suc d’un fruit rouge, une profondeur sapide s’épanouissant en salves d’explosantes chromatiques. Si l’on mesure l’impuissance du langage devant la peinture qui le déborde, il reste l’espoir de vocables qui grifferaient la peau du monde comme Pierre-Luc Bartoli sait la faire respirer : des signes visibles dans le tumulte des grands vents de l’univers.

Marc Lambron de l’Académie française.

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